Quand nous avons interviewé Christian Estrosi, nous ne savions pas à quel point sa visite en Israël ferait autant polémique.

Ce fut le cas pourtant. Suite à sa rencontre avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou, Christian Estrosi affirme sur Twitter : « Je lui ai dit tout mon soutien après la résolution de l’ONU ». Christian Estrosi qui a dénoncé le refus de la France d’engager son véto pour bloquer le vote de cette résolution illustre sa position en précisant : « Je veux citer ici la phrase du livre d’Esaïe : “Pour Jérusalem, je ne me tairai point”». Une prise de position qui irrite au plus haut point les élus socialistes.  « Rien ne peut justifier le déplacement (de Christian Estrosi) en Israël aux frais de la métropole (Nice-Côte d’Azur) pour soutenir Netanyahou », réplique ainsi Patrick Allemand, le chef de file de l’opposition municipale à Nice. « À quel titre un président de Métropole et des élus métropolitains vont-ils soutenir la politique étrangère d’un État condamné par l’ONU ? », s’est ensuite interrogé sur l’AFP Xavier Garcia, le premier secrétaire du Parti socialiste dans les Alpes-Maritimes.

Christian Estrosi accompagné de Meyer Habib. © DR

Mais une autre étape du voyage de Christian Estrosi met le feu aux poudres. Celle concernant l’aide au reboisement accordée au KKL. « Avec le soutien de ma majorité régionale, une subvention de 50 000 euros sera versée au courant du premier trimestre au KKL par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour contribuer au reboisement de la forêt détruite (par les incendies de l’été dernier, ndlr), affirme en effet l’ancien ministre. Pour Christophe Castaner, le chef de file des socialistes lors des dernières élections régionales en PACA, ce voyage et cette annonce constituent « du clientélisme pur ». « Non seulement le contribuable paie le déplacement, mais on apprend qu’il engage la région pour acheter une clientèle », celle des « amis d’Israël», a renchéri le député sur l’AFP qui dénonce  le fait que Christian Estrosi «conteste l’existence de la Palestine» quand la France porte «la position de l’équilibre». « Que certains arbres soient plantés en hommage aux victimes de l’attentat de Nice, d’accord, mais ça me paraît un peu tiré par les cheveux. À mon avis, ils ont du mal à justifier cette dépense », suggère de son côté Jean-Christophe Picard, le président d’Anticor, l’association qui lutte contre la corruption en politique sur Buzzfeed.

Christian Estrosi avec le maire de Jérusalem, Nir Barkat. © DR

Mais cela ne s’arrête pas là ! Une pétition en ligne, particulièrement agressive, intitulée ‘BringBackOur50000Euros’ est lancée pour demander l’annulation de ce financement. « Nous, contribuables azuréens, ne nous reconnaissons pas dans la mégalomanie d’un homme qui à force de cumuls, ne cesse de dépasser ses prérogatives », dénoncent les auteurs. Et de poursuivre : « Voici qu’un élu français, par sa seule personne, estime contrebalancer la position diplomatique de la France, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a exigé l’arrêt immédiat de toutes ses activités de peuplement dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est. (…) Malgré ses gesticulations médiatiques dues à son manque de visibilité, nous ne laisserons pas Christian Estrosi utiliser notre argent pour financer des projets illégaux et piétinant le droit international, et la dignité du peuple Palestinien. Il portera seul la responsabilité de ses poignées de mains ensanglantées ».  

 

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