« Si 1917 restera comme « l’année qui a changé le monde », 2017 pourrait être celle où l’Histoire s’écrit à nouveau et autrement pour entrer de plain-pied dans le 21ème siècle.
Déjà au plan international, les mouvements tectoniques annoncent des tremblements de terre : l’élection de Donald Trump bouleverse la donne ; le Brexit est un coup de tonnerre dans le ciel d’une Europe menacée d’implosion et en proie à une crise systémique et multiforme ; le Moyen-Orient, plus que jamais le théâtre de toutes les confrontations, est le terrain de jeu des grandes puissances qui semblent vouloir redéfinir les lignes de partage d’un nouvel ordre mondial ; le retour de la Russie et de la Turquie, 100 ans après la fin du royaume des Tsars et la dislocation de l’Empire Ottoman mais aussi celui de l’Iran, plus que jamais renforcé par l’accord signé sur le nucléaire, ne laissera pas la nouvelle administration américaine indifférente même si son regard est tourné vers la Chine qui n’a pas non plus l’intention de faire de la figuration sur la scène internationale.
En France, l’élection présidentielle bouleverse d’ores et déjà les équilibres politiques traditionnels. La droite, qui s’est choisie un conservateur au niveau social et libéral au niveau économique en la personne de François Fillon, doit faire face à des révélations qui sèment le doute sur l’avenir de sa candidature. Contre toute attente, la Belle Alliance a décidé de porter à sa tête Benoît Hamon qui n’arrivera sans doute pas à rassembler un parti exsangue et une gauche atomisée, laissant ainsi le champ libre à Emmanuel Macron qui pourrait se sentir pousser des ailes. Marine Le Pen, quant à elle, poursuit son ascension et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Si l’issue de l’élection est encore incertaine, le vent de rupture qui souffle partout ailleurs dans le monde, pourrait nous réserver ici aussi des surprises.
Au cœur de ces changements se situent nos préoccupations. En effet, la mission d’ELNET est de renforcer le dialogue stratégique et de changer les paramètres de la relation entre la France, l’Europe et Israël. En favorisant une meilleure compréhension et une connaissance approfondie de la réalité historique et politique du conflit au Moyen-Orient, l’action que nous avons menée ces cinq dernières années a permis de modifier de manière visible et significative les perceptions trop souvent superficielles et caricaturales. Nous sommes heureux que notre travail, fondé sur les valeurs partagées et les intérêts communs entre la France et Israël, porte ses fruits.
Et pourtant en 2016, Israël a été victime d’une intense campagne de délégitimisation : résolutions infamantes à l’ONU ; condamnations à l’UNESCO ; directives européennes sur l’étiquetage des produits en provenance des « implantations » ; résolution 2334 du Conseil de Sécurité ; Initiative française et Conférence de Paris, pour ne citer que les évènements les plus graves. Cette dérive de la politique étrangère de la France pourrait laisser penser à un divorce diplomatique. Mais, l’état des lieux des positions françaises depuis septembre 2014 et l’instrumentalisation de la question palestinienne à des fins de politique intérieure ne reflètent pas la réalité de la relation France-Israël.
Les réactions politiques, de droite comme de gauche, très négatives, suscitées par les actions hostiles à Israël, prouvent qu’il n’y a plus de consensus sur ce sujet-là. La mobilisation des amis d’Israël n’a jamais été aussi forte. Dans un monde toujours plus incertain, ils n’acceptent plus que la seule vraie démocratie du Moyen-Orient, Israël, « notre ami et notre allié », soit en permanence cloué au pilori et désigné à la vindicte des nations. On peut donc espérer que le prochain Président, quel qu’il soit, aura une attitude plus mesurée à l’égard d’Israël.
Aujourd’hui plus que jamais, il est du devoir de nos représentants et plus largement des leaders mondiaux, de retenir les leçons enseignées par les tragédies de l’Histoire et de prendre les décisions qui s’imposent pour nommer le mal, désigner nos ennemis, ceux qui les soutiennent, les arment et les financent et mener avec fermeté le combat contre le terrorisme et l’islamisme. Cela implique de ne pas se tromper d’alliés et de ne faire aucune concession aux djihadistes, aucun compromis avec ceux qui œuvrent à notre perte. Le contexte particulier du terrorisme transnational a tragiquement créé des opportunités de coopération fructueuses entre la France et Israël, mais aussi avec la plupart des grandes démocraties qui sont confrontées aux mêmes dangers. »

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