Tamar et Léviathan. Ce sont les noms des deux monstres sous-marins à l’origine du conflit.
Tout commence en 2009, lorsqu’Israël, jusqu’alors grand importateur de pétrole et de gaz, découvre au large de ses côtes de vastes gisements gaziers dont les ressources sont colossales. Il revendique aussitôt le droit de contrôler et d’exploiter ces fonds marins. Car Israël a désormais la possibilité de devenir le principal exportateur de gaz de la région vers le Moyen-Orient (surtout le fournisseur gazier de la Jordanie, l’Égypte et l’Autorité palestinienne) et l’Europe. Mais plus encore, des couches pétrolifères situées sous les strates de gaz du Léviathan sont mises à jour ! Ces découvertes bouleversent dès lors la donne énergétique et géopolitique du pays. Toutefois, l’aubaine est trop belle ! Le permis de recherche couvre une zone maritime nommée bloc 9 dont l’exploitation est revendiquée également par… le Liban ! Un différend maritime long de 860 km2 oppose dès lors les deux pays. Le gouvernement israélien s’empresse de signer un accord avec Chypre pour délimiter les eaux économiques des deux pays. Le Liban, lui, s’adresse à l’Onu. Depuis, Israël tente de résoudre le conflit par voie diplomatique. Mais toutes ces tentatives se sont soldées par des échecs successifs.Retour en chiffres.

30 ANS
Pour Israël, l’accès à ces réserves de gaz naturel lui garantit 30 ans d’indépendance énergétique.

TAMAR ET LÉVIATHAN, DEUX GISEMENTS DÉCOUVERTS PAR LA COMPAGNIE ISRAÉLIENNE DELEK ENERGY :
À 100 KM des côtes.
PAR 1634 MÈTRES de fond.
700 MILLIARDS de m3 de gaz naturel.

NB. Pour Beicip Franlab Conseil, voici l’évaluation de leurs ressources :
6,6 MILLIONS DE BARILS DE BRUT
2137 MILLIARDS DE M3 DE GAZ

*Un condensat de gaz naturel est un mélange liquide d’« hydrocarbures légers » obtenu par condensation de certains gaz naturels bruts.

3,5 BILLIONS
Les couches pétrolifères découvertes sous les strates de gaz du Léviathan pourraient contenir jusqu’à 3,5 billions de barils de pétrole brut.

-49%
L’exploitation de ces réserves permettrait à Israël de diminuer sa consommation de charbon de 35%

43%
En 2011, les livraisons égyptiennes assuraient encore 43% des besoins israéliens !

En 2017, Netanyahou avait jugé « révolutionnaire » le projet de gazoduc East Med devant relier Israël à Chypre et à la Grèce. D’un coût de 5,8 milliards d’euros, ce gazoduc devrait acheminer vers l’Europe le gaz découvert au large des côtes chypriotes et israéliennes, réduisant ainsi la dépendance du continent à l’égard de l’énergie russe. Mais le pipeline ne serait opérationnel qu’en 2025.

10 MILLIARDS
Actuellement, Israël dépense environ 10 milliards de dollars par an pour importer plus de 98 % du pétrole qu’il utilise.

SAAR 6
Le 7 février dernier, l’armée israélienne a annoncé le lancement de la construction en Allemagne de corvettes destinées à la marine pour protéger les installations gazières d’Israël  en Méditerranée. Les navires de guerre “Saar 6”, qui entreraient en service entre 2020 et 2022, seront  équipés d’héliports et de missiles.

10 MILLIARDS DE DOLLARS
En septembre 2016, un contrat estimé à 10 milliards de dollars a été signé pour l’exportation vers la Jordanie de gaz extrait du Leviathan. Les fournitures de gaz en provenance de ce champ doivent débuter en 2019. La Jordanie a signé un accord d’achat de gaz portant sur 8,4 millions de m3/jour sur une période de 15 ans, avec une option de 1,4 million de m3 supplémentaires.

MONOPOLES
Bibi a conclu un compromis secret avec le tandem Delek- Noble pour gérer leur position de mono-pole. Selon la presse israélienne, les filiales de Delek auraient 6 ans pour céder leurs parts dans Tamar. Tandis que Noble devrait réduire la sienne de 36 à 25%. Delek et Noble ont 18 mois pour se désengager de deux champs plus petits, Tanin et Karish.

60 milliards de m3
Israël a également donné fin 2016 son feu vert à la vente à la compagnie grecque Energean de deux autres champs gaziers, dont les réserves sont estimées à 60 milliards de m3.

 


180%
 Le 9 février 2018, Beyrouth a conclu son premier contrat d’exploration d’hydro-carbure offshore avec un consortium regroupant Total, ENI et Novatek. Une manne pour un pays dont la dette publique atteint 180 % du PIB !

 

15 MILLIARDS DE DOLLARS
Le 19 février dernier, Israël a conclu un contrat « historique » pour la fourniture de gaz naturel à l’Égypte. «  Cela va  rapporter  des milliards dans les coffres de l’État », a affirmé le premier ministre israélien. Selon le groupe énergétique israélien Delek, le montant du contrat devrait atteindre les  15 milliards de dollars (12 milliards d’euros). L’accord a été conclu avec la compagnie privée égyptienne Dolphinus par un consortium qui comprend Delek et le groupe américain Noble Energy, pour la fourniture de gaz naturel à l’Égypte sur 10 ans, soit 64 milliards de m3 extraits des champs offshore Leviathan et Tamar en Méditerranée.

87,5 MILLIARDS D’EUROS
Selon le ministre de l’énergie, Yuval Steinitz, les quatre champs gaziers devraient rapporter 87,5 milliards d’euros, « soit davantage que toute l’aide accordée au fil des années par les États-Unis à Israël !».