Laurence Podselver, anthropologue, chercheur à l'École des hautes études en sciences sociales à Paris est spécialiste du judaïsme contemporain et est notamment l’auteure de Fragmentation et recomposition du judaïsme : le cas français. Elle dresse pour leMag’ un large panorama des différentes composantes qui définissent à l’heure actuelle les Juifs de France. Un panorama loin d’être figé dans un contexte de crises multiples et d’incertitudes quant à l’avenir… 

leMag' : Quelles facettes revêt aujourd’hui l’expression « être juif en France » ?

Laurence Podselver : En France, il n’existe pas de judaïsme qui constitue un bloc uniforme. Il y est essentiellement pluriel et très diversifié, sachant que le phénomène va en s’accroissant, à savoir que se constituent de plus en plus de sous-groupes. Le Consistoire représente ainsi une partie du judaïsme français aux côtés de tendances distinctes qui sont en pleine émergence, tels le mouvement libéral, les Massortis ou encore les Loubavitch, sans compter toutes les structures qui s’articulent autour de ce que l’on appelle les cercles d’études, ou judaïsme culturel, qui regroupent aujourd’hui beaucoup de monde. Et par la force des événements récents, une partie de ceux qui ne se sentaient pas juifs auparavant, sont à nouveau concernés, notamment par solidarité. Ils reprennent contact avec la communauté, se ré-intéressent à la chose juive et reviennent vers diverses formes de judaïsme selon le passé familial, le parcours personnel, la position sociale de chacun.

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Ahad Ha’am avait dit : « Ce n’est pas tant le Peuple juif qui a su garder Shabbat, c’est le Shabbat qui a gardé le Peuple juif ». « N’est-ce pas lui qui a rendu une âme aux Israélites ? », s’interrogeait ce penseur nationaliste juif. De fait, génération après génération, les Juifs ont continué de sanctifier ce jour de repos tel que défini par la loi juive. Mais qu’en est-il en Israël ? Que représente le Shabbat au sein du foyer national juif devenu nation il y a à peine 70 ans ?

Conçu comme un État laïc, Israël considère le jour du Shabbat comme un jour officiel de repos. Institutions gouvernementales et autres organismes contrôlés par l’État - ministères, Institut national d’assurances (Bitouah Leoumi), etc… - ferment leurs portes les vendredis et samedis. Et dans la plupart des localités, entreprises commerciales et transports publics ne fonctionnent pas.

Un état de fait qui remonte à 1947, avant même la partition de la Palestine par l’Onu, quand David Ben Gourion adresse alors un courrier à la formation ultra-orthodoxe Agoudat Israël, opposée au sionisme, pour lui...

Ashdod

Cinquième plus grande ville du pays, située sur la plaine du littoral méditerranéen dans le district sud d’Israël à quelques dizaines de kilomètres de Tel Aviv et d’Ashkélon, Ashdod connaît un essor immobilier impressionnant au cours des deux dernières décennies.

Ville de prédilection de nombreux francophones attirés par son climat doux, ses larges boulevards, ses belles plages de sable fin et surtout ses logements moins coûteux que ceux de la ville blanche, Ashdod est l’une des villes les plus dynamiques d’Israël, abritant notamment les sièges sociaux de grandes entreprises spécialisées dans les domaines électronique, pharmaceutique ou encore biotechnologique (entre autres). De plus, cette métropole, surtout connue pour son...

Les hôtels non casher en Israël ne sont soumis à aucune contrainte liée au respect du Shabbat. C’est un fait : le Shabbat n’a pas de caractère obligatoire dans le domaine touristique. Les établissements hôteliers qui souhaitent être estampillés casher, afin de satisfaire leur clientèle observante, doivent être en conformité avec la hala’ha (loi juive), afin d’obtenir leur Téouda (certificat de casheroute). Mais pour obtenir ce précieux certificat de cuisine casher, faut-il pour autant que les lois shabbatiques s’étendent à d’autres domaines au sein de l’hôtel ? Eléments de réponse.

Le restaurant casher d’un hôtel, qui satisfait aux lois de la casheroute du point de vue alimentaire, exige aussi un service restaurant assuré en salle Shabbat, par du personnel non-juif.  En principe, ce tampon de casherout ne requiert pas de l’établissement de renoncer à d’autres activités non shabbatiques. L’accès à la piscine pourra ainsi être autorisé, la salle de sport aussi, les ascenseurs non shabbatiques seront en usage, et les ‘check in’ et ‘check out’ des clients seront assurés. Les clients qui le souhaitent pourront commander en appelant la réception. Le ménage se fera normalement. Même si...

À partir de 1996, le Wakf (l’autorité jordanienne à qui a été confiée la gestion du site) décide de creuser le mont du Temple (1700 m2) sur une profondeur d’une dizaine de mètres pour construire une mosquée souterraine. Pendant plusieurs années, en dépit des protestations officielles, plusieurs milliers de mètres cubes...
Qu’ils vivent en province, à Paris ou en banlieue, les prévisions d’avenir pour les Juifs en France semblent incertaines. Même s’il fait bon vivre dans de nombreux endroits et que le quotidien de la majorité ne se trouve pas être ébranlé, les violents événements passés, les impératifs sécuritaires, la délégitimisation permanente d’Israël gagnent du terrain dans toutes les communautés. leMag' a constaté cette morosité ambiante dans le contexte flou de la campagne pour les présidentielles à l’issue imprévisible.

Février 2017. De violent incidents frappent à nouveau la banlieue nord-est de Paris suite à ce que l’on nomme désormais « l’affaire Théo ». Un cycle infernal qui semble invariablement se répéter depuis des décennies dans ces zones dites sensibles, ces fameux « Territoires perdus de la République » pour reprendre le titre de l’ouvrage de Georges Bensoussan sorti en 2002.

"J’AI TOUJOURS LA CRAINTE D’ÊTRE AU MAUVAIS ENDROIT, AU MAUVAIS MOMENT"

Des événements qui ne sont pas sans rappeler ceux de 2007 à Villiers-le-Bel, une commune située à 18 kilomètres à peine au nord de Paris, là où Jessie a grandi. « Les deux policiers se sont réfugiés juste en face de chez nous, dans...

Qui s’étonnera qu’à une époque où la valeur d’un individu se mesure bien souvent à ses performances, le stress soit devenu notre partenaire quotidien ? Mais attention, du stress « allié » au stress « ennemi », il n’y a qu’un pas. Le Dr Estelle Cohen, endocrinologue et nutritionniste, nous donne quelques clés pour éviter la surdose.

Qu’est-ce que le stress et quels en sont les symptômes ?

Le stress désigne une notion générale qui suggère un déséquilibre entre le milieu extérieur et notre intérieur. Il est dû à un ensemble de facteurs qui peuvent être internes ou externes, comme le froid ou un dérèglement de l’alimentation par exemple. Quoi qu’il en soit, le stress est un...

Certains le pratiquent à la lettre, d’autres le soumettent à quelques adaptations, et d’autres encore le rejettent complètement. Ce sont en général les diverses attitudes (et bien d’autres encore…) que l’on peut observer à l’égard du Shabbat, à l’intérieur d’une même famille.  Considéré comme une bulle de repos par les workaholics, comme un rendez-vous familial pour les parents, comme une victoire de l’esprit sur le matériel par les religieux, ou encore comme une bonne table par les épicuriens, le Shabbat est une expérience qui doit se vivre et non pas s’imposer au risque d’être complément dénaturée. Si tout cela est vrai à l’échelle individuelle, à fortiori à l’échelle nationale !

Pourtant lorsque les pères de l’État juif moderne posent les grands principes de fonctionnement du pays, le Shabbat en fait partie. Depuis des millénaires, le jour de repos a été fixé au septième jour de la semaine – le samedi pour le Peuple juif. Alors pourquoi en serait-il...

Souvent, elles sont déjà épuisées avant même d'avoir démarré leur journée. Vingt-quatre heures qui se transforment en course minutée pour assumer responsabilités familiales et professionnelles sans faillir. Des activités qui se télescopent sans qu'elles aient réellement le temps de souffler. Des femmes qui travaillent cinquante heures et plus par semaine, il y en a, oui. Le stress, elles l'ont apprivoisé pour assumer des emplois du temps surchargés, par nécessité ou par choix. Vivre dans un stress permanent ou renoncer à un métier valorisant en mettant un bémol à leur vie professionnelle : un dilemme insoluble pour ces femmes actives qui doivent faire valoir leurs droits dans une société encore très largement favorable aux hommes. 

Des femmes qui travaillent cinquante heures et plus par semaine, mères de famille qui plus est, est-ce possible ? Oui, au vu du nombre de femmes qui ont répondu à mon appel à témoin. Visiblement heureuses que l'on s'intéresse à leur condition et à leur sort, elles ont envie de s'exprimer sur une situation qui transforme leur quotidien en défi de tous les instants. Yaël a 38 ans. Elle est mariée et mère de trois petites filles en bas âge. Elle est aussi chef d'entreprise et a créé sa propre agence web, il y a quelques années. Elle m'explique : « J'ai un bureau à côté de la maison et de l'école des enfants. Cela me permet de travailler huit heures par jour dans mon local, et le reste du temps chez moi ». Un rythme qu'elle tient depuis trois ans sans arriver vraiment à...

Acheter un bien immobilier en Israël est certes une aventure, mais y louer un appartement en est une autre !!!

Pour un nouvel arrivant en Israël, la solution la plus logique afin de s'installer est de commencer par louer un appartement avant de penser à acheter. Cela permet de s'assurer que le quartier convient, que finalement les enfants ont bien été pris dans l'école ou l’on souhaitait les inscrire, de vérifier ses besoins et ses manques en termes de surface, de nombre de pièces, de confort, etc… et nul ne risque de s'endormir sur ses lauriers car les contrats de location sont de courte durée (et favorables essentiellement au propriétaire) et l'acquisition d’un logement passe...