Tous les soirs, à 19H10 précise, les projecteurs s’allument, les caméras tournent, l’émission ‘Hakol Kaloul’ (‘Tout compris’) peut commencer. Pendant 45 minutes, tous les sujets susceptibles d’intéresser les téléspectateurs sont traités à bras le corps et sans langue de bois. Un style activiste impulsé par la présentatrice, Sivan Cohen. À 35 ans, cette jeune femme énergique présente l’émission et dirige l’équipe de journalistes pour la quatrième saison consécutive. Et depuis trois ans déjà, Sivan Cohen et ses collaborateurs mènent une campagne sans relâche contre les régies d’eau. Les mal fonctionnements des “taagidei maim” comme ils sont appelés ici seraient à l’origine d’une augmentation de 40% de la facture d’eau des Israéliens, et seraient devenus un refuge doré...
La vie c’est l’eau, et l’eau c’est la vie. Mais l’eau, c’est bien souvent aussi, la guerre. Aaron Wolf, chercheur en géographie dans l'Oregon, a voulu savoir combien de conflits dans le monde avaient pour origine des disputes liées à l’eau. Ses résultats sont sans appel : entre 1950 et 2000, on dénombre en moyenne 30 litiges par an, la plupart réglés à l’amiable. 21 conflits ont débouché sur des opérations militaires. Sur ces 21 conflits, 18 concernent Israël. Des chiffres qui rappellent l’un des facteurs au cœur des stratégies de l’État hébreu: l’eau, à tout prix.