Codifier la cyber guerre ?

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Bien que « tout soit permis sur le web », certains conseillers juridiques du ministère de la Défense estiment qu’il faut désormais codifier les lois de la cyber guerre. Le colonel Sharon Afek vient de rédiger un mémoire de 149 pages, dans lequel il tente de définir les éléments d’une loi internationale pour réglementer cette guerre de l’ombre, qui se joue par virus et ordinateurs interposés à l’échelle internationale : « De même qu’il existe une Convention de Genève pour les conflits conventionnels, Israël doit encourager la communauté internationale à préciser les normes de ce qui acceptable et de ce qui ne l’est pas en matière d’attaque informatique ». 

Cette préoccupation est partagée par deux experts américains, Richard Clark et Robert Knake, qui ont même essayé de négocier avec les puissances de l’Est (Chine, Russie, Corée du Nord, Iran) un traité aux termes duquel seules seraient « permises » les attaques ciblant des sites appartenant à des structures militaires, et non des cibles civiles comme des banques. Et de commenter : « Bien sûr, nous ne sommes pas parvenus à un accord. Mais il fallait tenter cette approche. Car la nature de la guerre est en train de changer. Désormais, un opérateur à un bout de monde peut appuyer sur un bouton et provoquer la paralysie de toutes les activités économiques de l’autre moitié de la planète. De même qu’Israël et le Hamas ont abouti à un « accord » après l’Opération Pilier de Défense, on doit pouvoir, en matière de cyber sécurité, parvenir à raisonner la partie adverse – tout en se réservant le droit d’agir si le consensus n’est pas respecté ».