Entre la cigale et la fourmi, c’est vite tranché. Parmi les personnes interrogées, on notera cette constante : de la mesure, et des dépenses somme toute maîtrisées. Pas de folie, une certaine défiance vis à vis de la consommation à crédit,  et une tendance à vouloir d’abord, coûte que coûte, boucler ses fins de mois. Focus sur ces consommateurs pragmatiques désireux de cibler leurs priorités. Avant tout.

 

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Meirav, Agent immobilier, divorcée, un enfant à charge

  • Le budget dépenses courantes :

Je dépense environ mille shekels par mois pour mes courses. Cela inclut aussi ce dont mon fils de vingt-un mois a besoin : des couches, des lingettes, bref, tout le quotidien. Dans mes gros postes, je dois prévoir le coût du maon (crèche) pour mon fils, pour lequel je paye, tous les mois, mille six-cents shekels. En Israël, on utilise beaucoup le paiement en tachloumim. Malheureusement, on oublie trop souvent que les dettes s’accumulent et se rajoutent aux priorités… Et avec tous ces calculs, c’est difficile de se retrouver ! Il m’arrive donc souvent d’être à découvert. J’ai des mois avec, et des mois sans. Travaillant dans l’immobilier, je n’ai pas de salaire fixe. Cela fait partie des aléas, c’est un choix. Je suis une jeune maman récemment divorcée donc je fais attention et il n’y a pas de nouveautés ou d’imprévus dans mes dépenses .Je n’ai pas assez de marge pour avoir des loisirs. Je sais qu’il faut du temps pour trouver un équilibre… Quand je vais faire mes courses, c’est souvent chez Rami Levy, pour ses prix, beaucoup plus intéressants que ceux des autres supermarchés. Sinon au quotidien, j’essaie de faire attention, dans tous les domaines, que ce soit l’alimentation, les vêtements ou le reste…  

  • Le coût de la vie :

 La vie est chère, et les salaires ne suivent pas. Il y a un décalage parfois entre les dépenses que l’on peut faire et ce que l’on gagne… 

  • Et Pessah ? :

C’est la première année où je vais faire Pessah en étant divorcée. Du coup, ce ne sera pas le même budget, étant donné qu’il n’y a qu’un seul salaire. Je vais devoir faire attention au prix du vin et des matzot, en fait, …un peu à tout. Je vais surtout inclure dans mon budget des activités pour mon fils, car il n’aura pas de maon pendant une semaine. La priorité ira donc, cette fois-ci, aux loisirs. 

 

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womanCarole, Esthéticienne, mariée, cinq enfants dont deux à la maison

  • Le budget dépenses courantes :

Nous dépensons entre quatre mille et quatre mille cinq cents shekels tous les mois pour l’alimentation et les dépenses courantes. Shampoing, lessive, produits ménagers… Je ne répartis pas mes dépenses. Je vais au supermarché et je prends tout ce qui me manque et ce dont j’ai besoin, sans faire de budget pour l’épicerie ou les fruits et légumes en particulier. La première chose à prélever du salaire c’est la machkenta, le remboursement du crédit pour l’achat de notre appartement, et l’assurance. En ce qui concerne les coûts de scolarité, il me reste deux adolescents à la maison donc c’est gérable… Pour l’habillement, les deux travaillent donc ils se débrouillent. Les plus grosses dépenses viennent de l’alimentation. Malheureusement, je n’ai pas du tout recours à des bons plans dans ma façon de consommer ! Je sais par exemple qu’au marché les fruits et légumes me coûteraient moins chers… Pareil si j’acceptais de me déplacer dans deux ou trois supermarchés différents pour tout ce que je dois acheter. Mais je n’ai pas le temps. Après, c’est aussi une question de confort, et économiser de l’argent aux dépens de mon temps et de ma santé, c’est inenvisageable. Je n’y arrive pas. 

  •  Le coût de la vie :

Oui c’est vrai, le coût de la vie est cher par rapport aux salaires. A mon avis, une majorité de consommateurs n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois. Nous, par exemple, nous avons une autorisation de découvert. C’est sûr qu’on ne s’en prive pas et qu’on y a recours tout le temps ! Tous les mois. A la banque, on nous a même proposé d’élargir notre possibilité de découvert, mais on a refusé ! Alors on dépense, et puis quand il n’y a plus d’argent, …et bien on fait avec ! Les crédits aussi, on évite, parce que nous avons déjà une mashkenta. On nous en a proposés, mais on sait très bien que si l’on commence à prendre un petit crédit à droite et à gauche, on se retrouve vite surendetté. Donc on ne part pas en vacances, on s’habille moins… Mais je comprends que les gens y aient recours à cause de la cherté de la vie. Et on a forcément plus tendance à dépenser qu’à économiser parce que les salaires sont trop justes… 

  •  Et Pessah ? :

Des vacances ? Non. Nous sommes en Israël depuis huit ans et nous ne sommes jamais partis pour la fête. Une excursion oui, mais aller à l’hôtel dans le cadre d’un vrai séjour, non. Notre priorité à Pessah, c’est le seder avec toute la famille. Bien sûr, nous avons un budget pour la fête, sans acheter pour autant des produits chers ou très haut de gamme. Maintenant, les vacances, on voudrait bien, mais ça n’est pas notre priorité. Pessah, pour nous, c’est d’abord et avant tout des fêtes en famille. 

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manElyahou, Marié, à la retraite

  • Le budget dépenses courantes :

Si j’inclus les restaurants, l’alimentation et les courses, nous dépensons autour de deux mille shekels par mois. En ce qui me concerne, j’ai eu quelques turbulences dans ma vie professionnelle, avec notamment la vente de ma société. Nous n’avons pas de problème de budget, nous évitons simplement les dérapages. Les bons plans pour dépenser moins, ce n’est pas trop notre genre mais c’est sûr que si on a le choix entre aller au supermarché discount ou à la petite épicerie du coin, on choisira la première option. Pour les loisirs, si on veut passer des vacances dans un bel hôtel, on fera plus attention après. Ma femme aime beaucoup les restaurants, se faire plaisir, acheter des vêtements par exemple, sans abuser pour autant. 

  • Le coût de la vie : 

Le coût de la vie en Israël n’est pas particulièrement élevé, maintenant si on compare avec le niveau des salaires, c’est autre chose… Les Israéliens ne sont pas assez rebelles, ne se défendent pas assez. Contracter des crédits, c’est une vision à court terme, et une réalité qu’on ne devrait pas accepter. Les cartes bancaires sont données trop facilement, avec n’importe quel plafond. Ce ne sont pas des  solutions réelles. Moi, j’ai opté pour une carte à débit immédiat. Bien qu’on puisse bénéficier d’un découvert de dix mille shekels, on sait très bien que cet argent n’est pas gratuit.

  • Et Pessah ? :

Ce cas de figure est un peu particulier car je n’ai pas de famille nombreuse. Donc jusqu’à présent, nous n’avons pas eu de budget conséquent pour la fête. On sait que les dépenses sont plus importantes, bien sûr. A titre d’exemple, on a pris trois jours de vacances à hol haomed dans un hôtel au bord de la mer. Mais c’est tout, nous ne prévoyons pas sinon de budget spécial.