Dans la Start-up nation, quoi de plus naturel que de travailler à son propre compte ?  Et si créer sa propre entreprise était La solution ? Perspective.

« Nous sommes témoins d’une véritable effervescence dans le domaine de la création d’entreprise chez les francophones, qu’il s’agisse de services ou de biens de consommation » explique Esther Amar. Selon cette diplômée de l’ESSEC-Paris, fiscaliste, consultante agréée du ministère de l’Industrie et du Commerce israélien et qui aide depuis plus de 25 ans les entrepreneurs – francophones notamment –  à créer et adapter leur société sur le marché israélien, « il existe différents profils d’entrepreneurs indépendants. Parmi les plus nombreux, on retrouve les personnes qui poursuivent l’activité qu’ils exerçaient en France. Ils travaillent pour leur ancien patron en faisant des allers retours en France et se sont mis à leur compte pour pouvoir exercer cette activité qui a pour particularité d’être réalisable à distance ». Cette sorte de délocalisation se révèlerait être gagnante pour tout le monde, ainsi « pas de charge salariale pour le patron (devenu client), souplesse et poursuite d’activité pour le prestataire de services ».
Autre profil parmi les indépendants francophones : « ceux qui ont des idées et qui souhaitent les transformer en entreprises, dont le produit ou le service sera uniquement destiné aux consommateurs israéliens.  En général, ce sont des personnes peu diplômées, autodidactes qui si elles se retrouvaient sur le marché du travail israélien seraient ‘condamnées’ à gagner 25 nis de l’heure » explique E.Amar.

patron1D’une façon générale, les indépendants semblent bien s’en sortir. Sous certaines conditions. « Celui qui est accompagné par des experts et se sert des aides accordées par l’Etat aura de fortes chances de réussir son business » appuie-t-elle. Réussir s’entendant par parvenir à assurer un revenu mensuel décent, mais généralement plus élevé que celui observé chez les salariés en général, la moyenne de revenu mensuel constatée chez les indépendants s’établissant aux environs de 10.000 shekels. Selon les statistiques des centres pour la création des entreprises ‘MATI’ (voir encadré) au cours des trois premières années – généralement les plus critiques pour la vie d’une entreprise – 84 % des sociétés accompagnées sont pérennes.
CHIFFREDEVENIRPATRONAlors, pourquoi se faire aider ? « Le plus gros écueil consiste à s’adapter à une mentalité et un environnement fondamentalement différents, fiscalement, juridiquement et financièrement. Croire que l’on maitrise le marché est une erreur. Ce n’est pas parce que l’on connait son produit en raison d’une ancienne expérience, que l’on connait le marché. D’où la nécessité d’être accompagné ».
Qu’en est-il du sacro-saint problème des immigrants français : la maîtrise de l’hébreu ?     « L’augmentation des consommateurs français convainc de plus en plus les Israéliens à prêter une oreille attentive aux initiatives des entrepreneurs français. Même avec un hébreu approximatif, j’ai vu des clients réussir ce qui n’aurait pas été possible s’ils avaient cherché du travail en tant que ‘salarié lambda’. Evidemment, une bonne maîtrise de l’hébreu est recommandée pour pouvoir négocier et promouvoir son projet mais disons que la langue n’est plus un handicap comme cela était le cas il y a une quinzaine d’années ».

Bref, devenir chef d’entreprise est désormais plus facile qu’auparavant. Plus d’aides, d’informations, de soutien, de consommateurs, aucun doute, devenir indépendant pourrait bien être une alternative ultra –maligne pour faire sa place en Israël !

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Indépendant : Un statut sans filet mais qui séduit.

Le système israélien déteste l’assistanat. Et les indépendants le savent bien. Aucune aide, ni avantage, pas de distinction entre les secteurs d’activité, il ne faut rien attendre de l’Etat quand on décide de devenir indépendant. « Les entrepreneurs israéliens ont une mentalité spéciale, ils font le maximum de ce qu’ils peuvent faire sans filet. Pour autant ce statut a le vent en poupe. De nombreux Israéliens ouvrent un dossier d’entrepreneurs indépendants tout en poursuivant leur activité salariée, ce qui leur permet de changer en douceur d’activité. A titre d’exemple, 50% des Israéliens qui s’adressent aux bureaux de ‘MATI’ viennent du monde salarial. Il faut aussi savoir que la plupart des entreprises sont des microsociétés. 90 % des entreprises en Israël sont des PME et 70 % d’entre elles emploient jusqu’à quatre employés seulement ! », explique Esther Amar. D’ailleurs, il y a une phrase en hébreu qui résume bien cette situation : « la bonne affaire c’est une petite affaire ». Et c’est un dicton plein de bons sens.

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Les traits de caractère de l’entrepreneur réussi :

  • Être persévérant, ne pas se décourager.
  • Être travailleur.
  • Être souple. Etre capable de s’adapter à la situation au fur et à mesure que le temps passe sans pour autant perdre ses ressources, sa vision ou sa motivation. Ici, la prévision se fait à court terme. Six mois à un an au maximum ! Si les choses ne se passent pas comme prévues, être capable de changer de système.
  • Être organisé. En Israël, si l’on n’est pas organisé, l’on peut tout autant gagner ou perdre beaucoup d’argent. Il faut mettre en place des procédures de gestion des priorités. Gérer son entreprise, ce n’est pas uniquement vendre afin de gagner de l’argent.

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MATI, l’organisme incontournable pour créer sa ‘boîte’

Il s’agit d’un organisme d’aide et d’accompagnement à la création d’entreprise qui bénéficie d’une multitude de sources de financement parmi lesquelles : les associations et les ministères de l’Intégration, de l’Economie et du Commerce. Cours de formation, emprunts, tutelles, conseils, accompagnements, suivis, MATI offre un panier d’aides extrêmement variées destinées aux nouveaux immigrants de moins de dix ans en Israël. A noter : les budgets alloués par MATI ont largement augmenté depuis 2015. On peut ainsi, si l’on cumule tous les prêts et emprunts disponibles, disposer d’emprunts allant de 125.000 à 400.000 shekels avec un taux de remboursement ultra réduit.