Il ne fait pas bon être non-musulman en terre d’Islam. Les adeptes des religions païennes (yézidisme, bahaïsme, hindouisme, bouddhisme, sikhisme, animisme, etc.) ne bénéficient d’aucune reconnaissance et d’aucun droit dans les pays régis par la Charia (loi islamique) : ils doivent donc soit se convertir à l’Islam, soit quitter le pays, faute de quoi ils seront tués ou réduits en esclavage avec confiscation de leurs biens. C’est ce qui s’est récemment passé, en 2014, pour les Yézidis lors de la conquête par le califat de l’État islamique, de Mossoul et de la plaine de Ninive en Irak.

Pour les autres non-musulmans, c’est-à-dire les Juifs et les Chrétiens, les « gens du Livre », s’ils refusent de se convertir à l’Islam, ils devront s’accommoder d’un statut juridique spécial, faisant d’eux des citoyens de seconde zone : c’est la « dhimmitude ».

Un verset du Coran précise les sujétions auxquelles les dhimmis sont impérativement soumis : « Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu ni au jour dernier ; ceux qui n’interdisent pas ce que Dieu et son Prophète ont interdit ; ceux qui, parmi les gens du Livre, ne pratiquent pas la vraie religion. Combattez-les jusqu’à ce qu’ils paient directement le tribut (jizya) après s’être humiliés (9,29) ».

En plus des autres impôts versés à l’État, les dhimmis doivent payer la jizya « pour obtenir la vie sauve, le droit de séjourner en terre d’Islam, de demeurer dans l’infidélité et de bénéficier de la “protection“ de l’État » (Annie Laurent, Docteur en Sciences Politiques).

S’il ne peut payer la jizya, le dhimmi doit se convertir à l’Islam, faute de quoi il est, ainsi que toute sa famille, réduit en esclavage ou tué. Le paiement de la jizya doit s’accompagner de l’humiliation du dhimmi : le dhimmi est frappé sur la tête. Le « Pacte d’Omar » (643) qui a codifié la dhimmitude interdit ainsi aux non-musulmans de construire de nouveaux lieux de culte, de reconstruire ceux qui ont été détruits, d’avoir des maisons plus hautes que celles des Musulmans, de ne jamais frapper un Musulman (même pour se défendre), d’avoir une arme, d’épouser une Musulmane, d’hériter d’un Musulman. D’autres dispositions avilissantes ont été imposées aux dhimmis : porter des habits spécifiques, ne pas monter un cheval (mais uniquement un âne), vivre dans des quartiers séparés, le plus souvent insalubres et impliquant une promiscuité. C’est ainsi qu’est né le mellah : instauré à l’origine pour protéger les Juifs marocains des exactions des masses populaires musulmanes, il devint au fil des ans, leur lieu de vie imposé, sans possibilité ni d’habiter ailleurs ni de l’agrandir.