Pendant que les constructeurs automobiles rivalisent d’annonces tonitruantes sur le véhicule autonome, les entreprises qui fournissent les technologies essentielles à son bon fonctionnement font discrètement leur chemin en Israël. Les entrepreneurs israéliens raffolent de ce genre de paradoxe ! Car leur pays, dont la contribution à l’industrie automobile a longtemps été marginalisée, est sur le point de devenir LE passage incontournable pour ces plus grands noms de l’automobile.

Et pour cause ! Le secteur automobile a collecté pas moins de 814 millions de dollars en 2017 – soit le triple du montant recueilli en 2015… Avec quelque 550 startups locales actives dans la mobilité intelligente, son expertise est désormais reconnue au niveau des technologies nécessaires à la révolution automobile: batteries de voiture se rechargeant en cinq minutes, capteurs analysant l’environnement routier, véhicules s’informant sur les conditions routières, etc… . Et ce ne sont là que quelques-uns des projets sur lesquels les entreprises israéliennes travaillent pour créer la voiture de demain. Décryptage.

l y a peu, US News & World Report ont classé Israël au huitième rang mondial des nations innovantes, sur la base d’une enquête menée auprès de plus de 21 000 personnes réparties sur quatre continents. De son côté, Bloomberg News, saluant les progrès du secteur High Tech israélien, a classé l’État juif au dixième rang des pays les plus innovants, devantles États-Unis et le Royaume Uni.

Et Israël mérite de figurer dans ce palmarès. Pour exemple, l’explosion du nombre de startups israéliennes travaillant sur le véhicule autonome au cours des cinq dernières années. Si en 2013, le pays recensait 87 startups travaillant dans le transport intelligent, aujourd’hui, elles sont près de 550. Technologies de conduite autonome, capteurs permettant au véhicule de se repérer dans l’espace, solutions de cyber sécurité, toutes ces compétences proviennent d’un même endroit : l’armée israélienne et ses puissantes unités technologiques. La plupart des fondateurs de ces startups y sont passés et y ont appris à peaufiner avec soin leurs projets.

Pour Oren Rosenzwzeig, cofondateur d’Innoviz* : « La situation des entreprises de conduite autonome est un peu similaire à celle du secteur de la cyber sécurité israélienne, secteur qui a été propulsé par les besoins militaires du pays. Ces ingénieurs cherchent des applications civiles à ce qu’ils ont appris à l’armée ». Constructeurs, équipementiers et géants de la Tech ont compris que l’implication d’Israël est appelée à devenir de plus en plus grande dans les années à venir et n’hésitent plus à nouer des partenariats à l’échelle locale pour financer la mobilité du 

futur. Retour sur images. En 2013, la société de cartographie Waze, basée à Raanana, s’est taillée un tel succès (planétaire !!) avec son système d’aide à la navigation reposant sur une analyse du trafic en temps réel, que Google débourse 1,15 milliard de dollars pour se l’offrir et achète au passage d’autres startups israéliennes de plus petite taille. Au vu de cette transaction, le gouvernement israélien comprend qu’il lui est nécessaire d’investir massivement dans le petit milieu de la mobilité dite intelligente. Deux ans plus tard, les Français Keolis (SNCF) et Bernard Arnault se laissent séduire (entre autres) par Moovit, l’appli d’info trafic qui, en 2015 déjà, compte plus de 15 millions d’utilisateurs. Son concept: utiliser les données publiques et celles émises par les utilisateurs eux-mêmes pour trouver le trajet le plus rapide dans les transports en commun. La startup israélienne dont le siège est situé à San Francisco réussit en un tour de main à obtenir une levée de 50 millions de dollars. En 2016, la société Gett, première concurrente d’Uber sur le marché de la mise en relation entre chauffeurs de taxi et clients, convainc Volkswagen d’investir 300 millions de dollars dans ses projets. Le constructeur allemand décide également dans la foulée d’acquérir 40 % des parts de la société CyMotive, start-up créée par l’ancien patron du Shin Beth, Yuval Diskin, développant des technologies de cyber sécurité pour des voitures autonomes. Coup d’éclat : en mars 2017, Intel,

le géant américain des puces électroniques annonce le rachat de Mobileye, société israélienne leader des systèmes anticollisions. Le montant de la transaction, 15 milliards de dollars (!!!), a été présenté comme un record pour le rachat d’une société israélienne de haute technologie par un partenaire étranger. Cette société située à Jérusalem est connue des automobilistes pour son système qui émet des bips lorsque leur voiture s’approche trop près d’un autre véhicule, d’un piéton ou d’un deux-roues ou franchit par inadvertance une ligne sur les routes à plusieurs voies.

Suite à ce rachat sans précédant, Yossi Vardi, le «pape» des nouvelles technologies israéliennes, annonce que « le rachat de Mobileye va très probablement créer un élan et déboucher sur la création d’une véritable industrie liée aux véhicules autonomes et connectés ».

L’avenir confirme ses dires puisque le gouvernement israélien décide en 2017 d’allouer 250 millions de shekels (64 millions d’euros) au secteur de la technologie automobile pour les cinq années à venir. Selon Eli Groner, directeur général au cabinet de Benyamin Netanyahou, ce secteur pourrait doper la croissance de l’économie israélienne de 50 %. Pour preuve, ces fusions/acquisitions se poursuivent en 2018. Lancée l’année dernière, Innoviz* développe une nouvelle génération de Lidar, capteurs nécessaires à la conduite autonome, moins chers et plus compacts que les versions précédentes. La startup, dont le premier produit est sorti sur le marché en début d’année, a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

reçu des investissements des équipementiers Magna et Delphi. En juin dernier, Porsche annonce dans un communiqué de presse avoir investi un «montant à huit chiffres» dans les fonds de capital-risque israéliens Magma Venture et Grove Ventures, sociétés s’étant démarquées en terme d’intelligence artificielle. D’autres entreprises israéliennes de la technologie automobile engrangent des investissements considérables. C’est le cas d’Otonomo qui a récemment recueilli 20 millions de dollars pour sa technologie de transmission de données entre voitures. De même, selon le journal économique israélien

Globes, Foresight Autonomous Holdings, entreprise fabriquant des caméras vidéo pour la sécurité automobile, aurait recueilli 12 millions de dollars. BMW a de son côté noué en juillet un partenariat avec Mobileye et Intel dans le but de mettre au  point, au sein des laboratoires israéliens, une voiture autonome d’ici à 2021. Alliance Ventures, le nouveau fonds de capital-risque de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, s’étant déclaré prêt à investir plus d’1 milliard de dollars sur cinq ans, dans le but de soutenir les startups et partenariats novateurs qui sont focalisés sur la technologie automobile à travers le monde, a décidé en mai dernier d’investir dans une compagnie israélienne, Maniv Mobility, compagnie de fonds d’investissement pour les technologies automobiles déjà soutenue par Jaguar Land Rover et Valeo.

Guardian Optical Technologies a également annoncé en juin un financement s’élevant à 3,1 millions de dollars mené par le Fonds de création Mirai, et soutenu par Toyota,

Goldbell Investments et Translink Capital. Fondée en 2014 et basée à Tel-Aviv, la société Guardian Optical Technologies développe des capteurs optiques qui surveillent l’intérieur des voitures et fonctionnent conjointement avec les ceintures de sécurité, les airbags et d’autres systèmes de sécurité intégrés destinés à protéger les conducteurs et les passagers. Cette startup a mis au point un capteur de voiture capable de sauver la vie des bébés laissés accidentellement dans les voitures, en détectant le moindre battement de coeur. Si tel est le cas, le capteur peut avertir le conducteur ayant déjà quitté la voiture et activer automatiquement la climatisation.

Enfin, au cours des derniers mois, l’allemand Volkswagen, Porsche et l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ont tour à tour annoncé leur intention d’ouvrir un centre de recherche et développement en Israël.

Aaron Lévy

“LES ISRAÉLIENS N’ONT PAS D’INDUSTRIE AUTOMOBILE ANCIENNE
ET LOURDE, DONC IL N’Y A PAS DE LOBBY INDUSTRIEL TRADITIONNEL ICI. C’EST L’UNE DES RAISONS DE LA MONTÉE DE TOUTE
UNE SÉRIE DE NOUVELLES ENTREPRISES QUI REGARDENT LE DOMAINE DE L’AUTOMOBILE SOUS UN ANGLE DIFFÉRENT « ,

a déclaré Boaz Mamo, PDG de Drive*, au quotidien Haaretz

 

« NOUS RECONNAISSONS QU’ISRAËL EST L’UN DES PRINCIPAUX CENTRES D’INNOVATION AU MONDE OÙ NOUS TROUVERONS UNE PARTIE DE LA TECHNOLOGIE QUI CONSTRUIRA LA VOITURE DE L’AVENIR ».

Matthieu De Chanville, directeur adjoint d’Alliance Ventures

 

reçu des investissements des équipe-mentiers Magna et Delphi. En juin dernier, Porsche annonce dans un communiqué de presse avoir investi un «montant à huit chiffres» dans les fonds de capital-risque israéliens Magma Venture et Grove Ventures, sociétés s’étant démarquées en terme d’intelligence artificielle. D’autres entreprises israéliennes de la tech-nologie automobile engrangent des investissements considérables.  C’est le cas d’Otonomo  qui a récemment recueilli 20 millions de dollars pour sa technologie de transmission de données entre voitures.  De même, selon le journal économique israé-lien  Globes, Foresight Autonomous Holdings, entreprise fabriquant des caméras vidéo pour la sécurité auto-mobile, aurait recueilli 12 millions de dollars. BMW a de son côté noué en juillet un partenariat avec Mobi-leye et Intel dans le but de mettre au point, au sein des laboratoires israé-liens, une voiture autonome d’ici à 2021. Alliance Ventures, le nouveau fonds de capital-risque de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, s’étant déclaré prêt à investir plus d’1 mil-liard de dollars sur cinq ans, dans le but de soutenir les startups et parte-nariats novateurs qui sont focalisés sur la technologie automobile à tra-vers le monde, a décidé en mai der-nier d’investir dans une compagnie israélienne, Maniv Mobility, compa-gnie de fonds d’investissement pour les technologies automobiles déjà soutenue par Jaguar Land Rover et Valeo.
Guardian Optical Technologies a également annoncé en juin un fi-nancement s’élevant à 3,1 millions de dollars mené par le  Fonds de création Mirai, et soutenu par Toyo-ta, Goldbell Investments et Translink Capital. Fondée en 2014 et basée à Tel-Aviv, la société Guardian Opti-cal Technologies développe des cap-teurs optiques qui surveillent l’in-térieur des voitures et fonctionnent conjointement avec les ceintures de sécurité, les airbags et d’autres sys-tèmes de sécurité intégrés destinés à protéger les conducteurs et les passa-gers. Cette startup a mis au point un capteur de voiture capable de sauver la vie des bébés laissés accidentelle-ment dans les voitures, en détectant le moindre battement de coeur.  Si tel est le cas, le capteur peut avertir le conducteur ayant déjà quitté la voi-ture et activer automatiquement la climatisation.
Enfin, au cours des derniers mois, l’allemand Volkswagen, Porsche et  l’alliance Renault-Nissan-Mitsu-bishi  ont tour à tour annoncé leur intention d’ouvrir un centre de re-cherche et développement en Israël.

Aaron Lévy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EcoMotion, plate-forme de soutien aux partenariats public-privé, spécialement conçue pour le secteur des transports, est une entreprise commune de l’Institut israélien de l’innovation, de l’Initiative Fuel Choices and Smart Mobility et du ministère de l’Économie. Fondée en 2012, cette communauté israélienne qui a pour mission de créer une vaste activité interdisciplinaire dans le domaine du transport intelligent compte 600 startups et 7000 membres.
Le 23 mai dernier, EcoMotion a tenu sa conférence annuelle à Tel-Aviv. Plus de 3000 participants se sont déplacés des quatre coins du globe pour assister à l’évènement. Nombre d’entre eux ont pu découvrir l’excellence israélienne en matière d’innovation et d’esprit d’entreprise dans le secteur, à travers plus d’une centaine de stands et d’ateliers de démonstration sur le salon et une piste de démonstration à l’extérieur.
Depuis six ans déjà, EcoMotion invite des entrepreneurs, des universitaires, des représentants gouvernementaux, des représentants locaux et mondiaux du secteur automobile et des investisseurs dans le but de soutenir le secteur des transports intelligents en Israël.

« IL Y A CINQ OU SIX ANS, QUI AURAIT PENSÉ QU’ISRAËL SERAIT UN ACTEUR POTENTIEL DANS L’INDUSTRIE MONDIALE DU TRANSPORT ?
NOUS N’AVONS AUCUN CONSTRUCTEUR AUTOMOBILE « .

Lior Zeno-Zamanski, directrice exécutive d’EcoMotion.