Le 15 mai 1939, à quelques mois du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le paquebot « Saint-Louis » quitte l’Allemagne avec près d’un millier de passagers juifs cherchant à échapper aux persécutions. Direction les Amériques. Toutefois, en raison d’une politique d’immigration discriminatoire en vigueur à l’époque, Cuba, les Etats-Unis et le Canada leur refusent l’asile. Le Canada compte alors 11 millions d’habitants, dont seulement 160.000 de confession juive. Le paquebot retourne finalement vers l’Europe, et accoste dans le port d’Anvers. Des centaines de ces passagers périront dans les camps nazis.Début novembre, le premier ministre canadien, Justine Trudeau, a officiellement présenté ses excuses face au Parlement pour cet événement tragique, en ces termes : « Bien que des décennies se soient écoulées depuis que nous avons tourné le dos aux réfugiés juifs, le temps n’a aucunement absous le Canada de sa culpabilité ou allégé le poids de sa honte ». Et de poursuivre : « Aujourd’hui, je me lève en cette Chambre pour présenter des excuses qui se sont trop longtemps fait attendre aux réfugiés juifs que le Canada a refusés ».