© DR - Parc national Emek Tzurim, au pied du Mont Scopus. Au cours des vacances scolaires, nombre de collégiens et d'étudiants viennent prêter main forte aux chercheurs et s'activent sur des tamis, à la recherche d'un indice.
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À partir de 1996, le Wakf (l’autorité jordanienne à qui a été confiée la gestion du site)
décide de creuser le mont du Temple (1700 m2) sur une profondeur d’une dizaine de mètres pour construire une mosquée souterraine. Pendant plusieurs années, en dépit des protestations officielles, plusieurs milliers de mètres cubes de terre et de pierres sont ainsi déblayés par des engins de terrassement lourds et transportés par camions vers plusieurs dépôts d’ordures dans la vallée de Kidron, au nord-est de la Vieille Ville. Au début des années 2000, des archéologues israéliens (sous la direction de Gabriel Barkay et Zakhi Dvira, de l’Université de Bar Ilan, et du Dr Eilat Mazar de l’Université Hébraïque) réalisent que ces couches de terre accumulées près des arcades datant de l’époque médiévale peuvent contenir des artefacts plus anciens. Ils décident alors de les inventorier. Ils les font transporter dans le parc national Emek Tzurim, au pied du mont Scopus. Le travail commence sous de grandes serres. Le contenu des seaux en plastique noir remplis de pierres et de galets est vidé sur des écrans à ossature de bois, arrosés et triés pour identifier des objets d’importance potentielle. Les ouvriers emploient une technique appelée « tamisage humide », analogue à celle utilisée par les chercheurs d’or. Particularité du projet : il est ouvert à tous, touristes inclus. Au cours des vacances scolaires, nombre de collégiens et d’étudiants viennent ainsi prêter la main aux chercheurs et s’activent sur des tamis, à la recherche d’un indice… Depuis sa création en 2005, le « Temple Mount Sifting Project » a pu ainsi découvrir plusieurs centaines d’artefacts : des bijoux, des anciennes pièces de monnaie à l’effigie des dynasties Hasmonéenne et Hérodienne, et d’autres, byzantines, des pointes de flèches datant de l’époque romaine, un sceau en argile datant du Premier Temple, un pendentif en bronze, des fragments de mosaïques du temps de Hérode, etc. Mais aussi des chargeurs de mitraillette, des badges, des restes d’uniformes de l’armée jordanienne, souvenir des combats de la guerre des Six Jours…

D.J