Au Moyen-Orient, tout va vite, très vite, parfois trop vite ! Samedi 31 Octobre, un Airbus A321 d’une compagnie russe s’est écrasé au beau milieu du Sinaï. L’intégralité des passagers et de l’équipage a perdu la vie dans le crash.
Des experts ont été dépêchés sur place afin de déterminer la cause de la catastrophe. Soucieux de préserver leur économie touristique, les Egyptiens se sont entêtés à évoquer une désintégration en plein vol provoquée par une panne technique. Les Russes n’ont pas démenti ce qui leur évitait de voir leur suprématie militaire écornée par une action terroriste menée par une organisation loin d’être équipée et entraînée comme l’armée rouge. Les experts français du BEA ont fait profil bas et laissé entendre que l’analyse complète des boîtes noires prendrait du temps, l’une d’entre elles étant abimée.
De toutes façons, il y a fort à parier que l’on ne nous dise jamais la vérité, surtout s’il s’agit vraiment d’un acte terroriste. Car il ne faut pas oublier que l’Etat Islamique a revendiqué l’attentat via les réseaux sociaux, indiquant que des terroristes affiliés à la ‘Province du Sinaï de l’Etat Islamique’, avaient ‘descendu’ l’avion. Ceci sans apporter aucune preuve de leurs allégations.

Aucune preuve ? Pas si sûr, si l’on en croit les révélations de CNN du 8 Novembre dernier. Selon la chaîne américaine, les Israéliens auraient transmis aux Américains et aux Britanniques des enregistrements de l’EI prouvant qu’il s’agit bien d’un attentat. Des informations qui viennent corroborer les analyses satellites faites par les USA et la Grande-Bretagne.

Selon ces informations diffusées le 8 Novembre, il semblerait donc qu’un sympathisant de l’EI travaillant à l’aéroport de Charm-el-Sheikh, ait déposé une bombe dans l’appareil et que celle-ci ait été activée depuis l’avion par l’un des passagers, lui aussi affilié à l’EI. La presse britannique fait état, mais du bout des lèvres, d’un ressortissant britannique identifié comme djihadiste notoire qui aurait fait partie de la liste des passagers.
On comprend mieux à présent l’empressement du Premier ministre anglais, David Cameron, de rapatrier au plus vite les quelques 20.000 citoyens de la fière Albion en visite dans le Sinaï. Ce qui ne manque pas d’agacer les Egyptiens qui voient dans ce ‘pont aérien’ un coup fatal porté à leur économie touristique.
Ajoutons au passage que les Russes n’ont pas apprécié qu’Israël ne lui transmette pas aussi les enregistrements sur l’EI. La réponse a fusée dès le 9 Novembre au matin : les Russes ont officiellement signé l’accord pour la livraison d’un système de défense anti-aérien à l’Iran et de missiles S300 qui pourraient empêcher Israël d’atteindre les sites nucléaires iraniens.
Coup dur pour Netanyahou qui avait tenté d’empêcher ce deal depuis plusieurs semaines… Mais avait-il le choix ? Avant sa rencontre avec le Président américain, Netanyahou se devait d’apaiser les tensions en prouvant qu’Israël était toujours les yeux et les oreilles des USA dans la région.

En marge de ces stratégies géopolitiques, il nous parait important de souligner l’arrogance impressionnante de l’EI qui s’attaque sans le moindre état d’âme à l’une des plus grandes puissances mondiales. Outre narguer les Russes, l’EI leur fait payer les actions militaires en Syrie et en Irak de la façon la plus spectaculaire qui soit. D’ailleurs, depuis l’attentat, les médias ne parlent plus des frappes Russes dans la région… Auraient-ils décidé de laisser leurs avions au sol pour le moment ? Il est vrai qu’il ne fait pas bon pour eux en ce moment de survoler les espaces désertiques du Moyen-Orient…
Mais attention, Vladimir Poutine a le ‘sang chaud’ et il est certain qu’il ne laissera pas impuni l’affront que vient de lui faire l’EI.
Les développements des prochains mois risquent fort d’être passionnants et déterminants pour l’avenir de toute la région.