© Flickr - DOVER IDF

L’armée israélienne a, depuis sa création, institué que les soldats qui respectent Shabbat puissent le faire en toute quiétude sans avoir à transgresser aucun interdit. La Torah autorise à transgresser le Shabbat pour sauver des vies, donc toutes les activités liées à la sécurité sont évidemment autorisées, mais nous avons voulu en savoir plus sur le fonctionnement de Tsahal pendant Shabbat dans les bases militaires et les bureaux de l’armée. LeMag’ a rencontré le Rav Avraham Dery (commandant RES.), qui vient de terminer son service en tant que rabbin militaire après avoir servi pendant 16 ans au sein de Tsahal. 

Rav Avraham Dery ©DR

leMag’ : Quelles sont les règles générales sur shabbat dans l’armée ?
Rav Avraham Dery : Il y a deux choses qui sont essentielles pour comprendre le sujet. Tout ce qui est lié à la sécurité est autorisé car pour sauver une vie, on a le droit de transgresser Shabbat et c’est la règle dans Tsahal. Par ailleurs, le respect du Shabbat est obligatoire au sein de l’armée pour tout ce qui concerne le domaine public, la base, le réfectoire, les salles de réunion… Dans les tentes ou les chambres, chaque soldat est libre de faire ce qu’il veut, mais le Shabbat est globalement respecté dans la base.

Comment font les soldats pratiquants qui sont sur le terrain ?
R.A.D : Tout ce qui concerne des activités militaires nécessaires à la sécurité est autorisé et le reste est totalement prohibé comme les entrainements ou toute mission qui n’est pas liée directement à la sécurité. Un soldat qui transgresse Shabbat est jugé et puni car il est même interdit de transgresser l’ambiance du Shabbat dans une base militaire. Un soldat ne peut pas écouter de la musique au réfectoire où fumer une cigarette par exemple.

©DR

L’armée a-t-elle effectué des changements pour éviter des transgressions inutiles ?
R.A.D. : Aujourd’hui, dans toutes les bases de Tsahal, il y a des portes que l’on peut ouvrir sans risquer de transgresser le Shabbat, il y a des stylos permis pendant Shabbat et beaucoup de technologies modernes permettant aux soldats de ne pas se confronter à des cas de conscience. Ces dernières années, j’ai vu une amélioration constante dans ce domaine et je peux affirmer que le respect du Shabbat est totalement intégré à tous les niveaux de Tsahal.

Un soldat qui respecte Shabbat peut-il s’engager dans n’importe quelle unité sans risque de se voir contraint de transgresser ce jour saint ?

R.A.D. : En dehors des unités de communication et de la radio militaire Galei Tsahal qui transgressent le Shabbat, il n’existe aucune unité dans laquelle un soldat où une soldate peut être confronté à des problèmes pendant Shabbat. Je peux le garantir, il n’y a aucun problème pour respecter toutes les lois du Shabbat dans Tsahal. Quand il faut écrire, c’est que c’est nécessaire pour la sécurité, et ce qui n’est pas nécessaire est de toute façon interdit par l’armée. La rabbanout tzvait (aumônerie militaire) fait le maximum pour éviter des situations posant problème sur le plan du respect du Shabbat.

Concrètement, comment se déroule un Shabbat dans une base militaire ?
R.A.D. : Le kidoush est obligatoire, c’est-à-dire que les soldats restés à la base et participant aux repas sont obligés d’être présents à cette cérémonie. Les repas sont préparés avant Shabbat et les plats chauds sont mis sur des plaques chauffantes selon les coutumes les plus rigoureuses afin que chaque soldat puisse manger sans contradiction avec ses coutumes. Il y a des offices organisés pour ceux qui le désirent et toute base possède sa synagogue avec des livres de prières pour les soldats. Enfin, la rabbanout tzvait fait en sorte d’avoir un représentant dans chaque base, tous les Shabbatot.