En Israël, les médias comptent des douzaines de journaux et magazines imprimés, de sites en ligne, de chaines de télévision et de stations de radio qui jouent un rôle important dans la vie politique, sociale et culturelle du pays. En outre, ceux-ci ne comptent pas que des supports en hébreu. Ils incluent une dizaine de langues (arabe, anglais, russe, français, etc…).
Ces médias font souvent l’objet de critiques acerbes. Beaucoup affirment que les journalistes israéliens affichent une tendance politique de gauche. D’autres les accusent de « sensationnalisme » les nouvelles. LeMag’ tente de décrypter cette jungle « médiatique ».

L’histoire de la presse israélienne débute en 1863, bien avant l’indépendance, du temps de l’Empire ottoman. Après 1948, les médias dépendent encore majoritairement de l’État. Ce n’est qu’en 1986 que le gouvernement autorise la création de supports privés et commerciaux pour concurrencer les médias publics.

Ainsi au cours des années 80 et 90, la presse nationale connaît d’importants changements, les médias étant graduellement contrôlés par un nombre plus limité d’organisations, tandis que les journaux publiés par les partis politiques commencent à disparaître. Ce qui fait qu’aujourd’hui en Israël, trois grands conglomérats privés dominent les médias.

Dans ce paysage médiatique, quatre quotidiens distribués à l’échelle nationale rivalisent pour attirer l’attention du public sur les nouvelles générales. Les deux premiers journaux en circulation, Yediot A’haronot et Ma’ariv, sont des tabloïds souvent indiscernables l’un de l’autre du fait de leurs titres en bannières de couleurs semblables. La concurrence entre les deux est si intense qu’au milieu des années 1990, l’éditeur de Ma’ariv avait été reconnu coupable de « coupures de câbles » sur les lignes téléphoniques des journalistes du journal concurrent. Le troisième quotidien est Ha’aretz, un journal grand public qui se nourrit de sa réputation d’ « équivalent du New York Times ». En 2007, le petit dernier naît. Il se nomme Israel Hayom et se démarque des autres par sa gratuité. Dès lors, tiré à plus de 100 000 exemplaires chaque jour, il dépasse de loin ses ‘’concurrents’’. Enfin imprimé sur papier orange pour imiter le quotidien britannique The Financial Times, le journal Globes est le seul quotidien économique du pays.

Les deux grandes stations de radio sont, quant à elles, entièrement parrainées par le gouvernement. Kol Israel (radio israélienne) et Galei Tsahal (radio de l’armée israélienne), offrent à leurs auditeurs les dernières nouvelles toutes les demie-heures. Avant que les esprits somnolents puissent ‘’encaisser’’ les gros titres des journaux du matin, politiciens, analystes et officiels défilent sur les ondes dès 7 heures du matin et ce, jusqu’à 14 heures. L’opération de collecte de nouvelles de ces deux stations de radio est si formidable qu’aucune des stations de radio commerciales entrées en fonction au milieu des années 1990 n’a réussi jusqu’à présent à rivaliser avec elles. Les stations de radio publiques sont réglementées par l’Israel Broadcast Authority, dont le directeur exécutif et le conseil d’administration sont nommés par le gouvernement…

Quant à la télévision – elle aussi parrainée par le gouvernement – elle a commencé en noir et blanc à la fin des années 1960, ce qui en fait le plus jeune des trois principaux médias d’information. Jusqu’au début des années 1990, la chaîne de télévision publique – Aroutz 1 – était la seule en lice. Mais en 1994, la première chaîne de télévision commerciale est entrée en fonction et la seconde, en 2002 (Aroutz 2 et Aroutz 10), augmentant ainsi les rivalités inter caméras. Puis celles du câble ont suivi. Les nouvelles télévisées sont diffusées aux heures de grande écoute pendant une demi-heure tous les soirs. Les débats télévisés mettant en avant les arguments des politiciens en vogue sont également très populaires, comme le « Popolitika » d’Aroutz 1.

Par Noémie Grynberg et Aaron Levy


57%
Selon un sondage réalisé en 2015, 57% des Israéliens définissent les médias comme étant de gauche et 10% étant de droite.


Selon une enquête menée par l’Agence de publicité gouvernementale israélienne , en 2016, plus d’un tiers des consommateurs arabophones regardent les chaînes de télévision hébraïques et 31% lisent des journaux en hébreu.


©DR

 » Sans médias publics, il n’y a pas de démocratie. Sans médias publics, l’État d’Israël n’est pas l’État d’Israël « .
Reuven Rivlin, Président de l’État.