La Pologne, où 3,3 millions de Juifs vivaient avant l’Holocauste, est l’un des seuls pays d’Europe à ne pas avoir adopté de législation nationale pour la restitution de biens injustement saisis par les nazis ou nationalisés par le régime communiste. Toutefois, grâce à la récente découverte d’un vieil annuaire téléphonique datant de 1939, les survivants de la Shoah, ou à leurs descendants, peuvent désormais prouver qu’ils sont propriétaires de certains de ces biens. En 2014, la bibliothèque militaire centrale a racheté aux enchères la copie de ce registre et l’a ensuite numérisée et publiée en ligne. Grâce à ces scans, l’organisation mondiale de restitution juive a ensuite utilisé un logiciel pour créer une base de données des propriétaires à partir de l’annuaire téléphonique. Ce logiciel permet aux survivants, ou leurs descendants, de vérifier, par la simple saisie de leur nom de famille, si leur famille possédait l’un des 2613 biens immobiliers déclarés par la ville de Varsovie cette année-là, et ainsi les réclamer dans le cadre de cette campagne de restitution.

À ce jour, la ville de Varsovie n’a rouvert que 300 des demandes de restitution. Les demandeurs attendent leur indemnisation…