Votre grossesse en Israël

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Vous désirez avoir un enfant, vous commencez à ressentir des symptômes révélateurs: nausées, fatigue, sensibilité aux odeurs, fourmillements, etc…, ou votre grossesse est confirmée ?  Mazal tov et bé chaha nova ! 

Cependant, le début d’une grossesse n’est jamais une mince affaire, surtout quand vous tombez enceinte pour la première fois et/ou dans un pays nouveau. Entre les questions pratiques liées au quotidien (rendez-vous médicaux chez le gynécologue, démarches administratives liées à la grossesse), les interrogations sur les examens prénataux et le flou lié au congé maternité, une future maman a toujours besoin d’être accompagnée, rassurée, d’autant plus en Israël où le suivi de grossesse est différent. Pas évident, par exemple, de faire tout de suite la différence entre une semaine de grossesse et une semaine d’aménorrhée ?! LeMag’ vous livre quelques clés pour vivre ces neuf mois en toute sérénité. 

1 – Suivi Médical

Contrairement à la France où la majeure partie du suivi se fait chez le gynécologue, en Terre sainte, la femme enceinte a l’embarras du choix ! Entre le gynécologue exerçant au sein de sa koupat ‘holim, qui reçoit dans son cabinet privé ou au sein d’un hôpital, les infirmières de sa koupa (pour le suivi du poids, de la tension artérielle et les analyses d’urine) et enfin la Tipat ‘Halav où lui seront prodigués conseils et astuces pour mener à bien sa grossesse, madame sera servie !

Bon à savoir : certains gynécologues possèdent un appareil à échographie dans leur cabinet, cela vous évitera d’aller prendre rendez-vous chez un autre professionnel pour les échographies de suivi durant la grossesse. Et si vous avez de la chance, ces mêmes praticiens feront également eux mêmes – ou délégueront à leur assistante – le suivi de votre poids, de votre pression sanguine et des tests urinaires, ainsi vous n’aurez pas besoin de courir dans tous les sens avec votre gros ventre !

2 – Datation de grossesse et date présumée d’accouchement

Toutes les femmes savent qu’une grossesse dure environ neuf mois. En France, on parle de semaines de grossesse (SG) en partant du jour présumé de la fécondation, premier jour de vie de l’embryon. Logique, non ? La grossesse est donc censée durer 39 semaines. Mais dans notre beau pays, les médecins parlent de semaines d’aménorrhée (SA) et vous annoncent que votre grossesse durera…41 semaines ! Houla ! Ça se complique… Pas tant que cela, rassurez-vous ! Ici, médecins, sages-femmes et infirmières préfèrent parler en semaines d’aménorrhée parce qu’ils considèrent que démarrer un calcul en se basant sur la date d’ovulation n’est pas toujours fiable car toutes les femmes n’ovulent pas au même moment, la date du 14ème jour après le début des règles n’étant qu’une moyenne. Pour calculer l’âge de votre grossesse, le corps médical part donc du premier jour de vos dernières règles – soit deux semaines avant l’ovulation. Vous suivez toujours ? Ils ajoutent donc deux semaines aux 39 semaines de grossesse, ainsi pour eux, la grossesse est de 41 semaines (SA). Donc pas de panique, vous n’accoucherez pas deux semaines après le terme !

 

3 – Liste exhaustive des examens de grossesse

Les tests marqués d’un astérisque (*) sont recommandés pour toute femme selon les organismes professionnels médicaux et le ministère de la Santé. Néanmoins, la décision d’effectuer ces tests reste personnelle.

– 5ème/10ème SA : * Premier rendez-vous chez votre gynécologue
Celui-ci vous fera passer une échographie afin de déterminer l’âge gestationnel et le nombre d’embryons. Le patricien est alors censé vous expliquer le déroulement de la grossesse et ses éventuels examens – à condition que vous lui posiez la question…
Le praticien vous prescrira une analyse de sang visant à déterminer votre groupe sanguin, votre taux de glycémie à jeun, et si vous êtes immunisée contre la varicelle et le CMV, examens qui seront pris en charge par votre koupa.

 – 11ème /14ème  SA : * Chkifout orpit ou échographie mesurant la clarté nucale
Échographie, qui n’est pas prise en charge par la koupa, au cours de laquelle le patricien mesure la quantité de liquide au niveau du cou du foetus. Cette mesure permet plus ou moins de déterminer, s’il existe un risque de trisomie.
 
– 15ème /17ème  SA : Skirat maara’hot moukdemet ou échographie morphologique précoce
Échographie qui n’est pas prise en charge par la koupa, qui dure au moins une heure pleine, au cours de laquelle le praticien vérifie tous les organes du fœtus, les mesure et observe s’il y aurait une éventuelle anomalie morphologique.

– À partir de la 16ème SA : Bdikat meï chafir ou amniocenthèse
Examen clinique qui ​permet la vérification des chromosomes du fœtus et de poser un diagnostic prénatal sur des éventuelles maladies génétiques. Ce test est pris en charge par la koupa pour les femmes âgées de plus de 35 ans en début de grossesse ou à tout âge, suite à la recommandation d’un généticien.

– 16ème/20ème SA: ‘Helbon oubari ou test de dépistage de la trisomie 21
Prise de sang qui permet de déterminer le niveau de risque de trisomie 21 et de graves anomalies dans le cerveau, dans le canal des nerfs, dans la paroi abdominale ou d’autres endroits. Le test est en partie financé par la koupa et en partie par la femme enceinte.

19ème/25ème SA : * Skirat maara’hot méou’heret ou échographie morphologique
Tout comme au cours de la skirat maara’hot moukdemet, le patricien examine tous les organes du fœtus. Cette échographie permet de détecter la présence éventuelle de malformations congénitales ou d’anomalies fœtales dans la structure du fœtus. Le test est effectué de façon routinière pour chaque grossesse et est pris en charge par votre caisse de maladie.

– 24ème/28ème SA : * Amassat soukar ou test o’sullivan
Analyse de sang qui permet de déterminer le taux de glucose dans le sang après que la parturiente ait ingurgité 50g de glucose (« beurk » ou « irssa », au choix !) et de diagnostiquer un éventuel diabète gestationnel. Test pris en charge par la koupa.

32ème/35ème SA : * Échographie du troisième trimestre
Examen qui permet le suivi de la croissance fœtale et de diagnostiquer la position de votre bébé en vue de l’accouchement, éventuellement pris en charge par la caisse de maladie sous recommandation du médecin.

-* Après la date présumée d’accouchement
Vous serez suivie par une équipe médicale de la koupa ou de l’hôpital, où l’on effectuera toutes les 48h une échographie et un moniteur fœtal afin de s’assurer de l’intégrité de votre grossesse. Ces examens sont pris en charge par la koupa.

 

4 – Cours de préparation à l’accouchement

Vous commencez votre troisième trimestre de grossesse et votre ventre s’est bien arrondi, vous voyez se rapprocher l’instant tant attendu – et redouté – de votre accouchement à grands pas. Il est donc temps de vous préparer physiquement et psychiquement. Pour cela, les cours de préparation à l’accouchement sont recommandés. Mais en Israël, ces cours sont optionnels et ne seront que partiellement remboursés par votre caisse maladie. Ils sont dispensés par une ‘doula’ ou une sage-femme, au sein des hôpitaux, des koupot ou en privé. À vous de vous renseigner.

5/L’accouchement

Au pays des sabras, les maternités sont des départements au sein des hôpitaux. L’accouchement à domicile existe mais reste très rare et surtout à la charge de la patiente. Les accouchements sont couverts par le bitoua’h leoumi et sont en général effectués par des sages-femmes, sauf si une condition médicale nécessite l’intervention d’un obstétricien. Vous pourrez également faire appel à une ‘doula’  pour vous soutenir pendant l’accouchement, la plupart des hôpitaux accueillant leur intervention sans soucis. Toutefois, les frais seront à votre charge. Si l’accouchement s’est déroulé par voie basse et que votre santé et celle du bébé l’autorisent, l’hospitalisation sera de deux jours. Si l’accouchement s’est effectué par césarienne, vous resterez quatre à cinq jours hospitalisée. Petit plus par rapport à notre hexagone natal : certains hôpitaux possèdent une ‘melonit’ ou hôtel de convalescence avec pouponnière, infirmières et visites de médecins si nécessaire, vers lequel maman et bébé peuvent être transférés, si la santé des deux le permet. Attention, leurs prix peuvent être très élevés. Les frais seront à votre charge mais pourront être partiellement pris en charge par votre koupa.


Vos droits pendant la grossesse

Le congé maternité

Depuis mai 2007, la période du congé maternité est de 14 semaines. La future maman a le droit de diviser cette période de congé en deux parties, avant et après la naissance, tant que la période de congé qui précède la naissance est inférieure à sept semaines. Dans certains cas, la loi permet de prolonger la période de congé. Si la future maman donne naissance à des jumeaux ou des triplés, elle aura droit à trois semaines supplémentaires de congé maternité. De même si la future maman a été hospitalisée plus de deux semaines, elle aura le  droit de prolonger son congé maternité en équivalence à la période d’hospitalisation (mais pas plus de quatre semaines).

Droit du travail

Il est formellement interdit par la loi de licencier une employée enceinte ou qui se trouve en congé maternité et ayant travaillé six mois ou plus auprès de son employeur. De même, l’employeur ne pourra licencier son employée durant les soixante premiers jours qui suivent la fin du congé maternité, sous peine de sanctions pénales. Cependant, si la grossesse et la naissance ne sont pas les causes du licenciement, l’employée pourra être licenciée.


PregSense

La plupart des femmes enceintes aimeraient avoir à disposition un appareil d’échographie pour pouvoir vérifier si tout va bien pour leur futur bébé. La société israélienne Nuvo Group a développé, il y a presque deux ans, un appareil portable qui transforme ce souhait en réalité. L’appareil ‘PregSense’ transmet via Bluetooth des données sur le rythme cardiaque de la mère et de l’enfant et les collecte dans une banque de données sécurisée, indique la position de l’embryon dans la cavité abdominale, mais également s’il est réveillé ou s’il dort.


En mai 2015, ‘Haya Shahar, une femme ‘hassidique âgée de 65 ans habitant Bneï Brak, mariée depuis 46 ans à Shmouel âgé de 67 ans, a donné naissance par césarienne à son premier enfant, un bébé en bonne santé, au centre médical Meir de Kfar Saba. ‘Haya est ainsi devenue la femme ayant accouché la plus âgée d’Israël, pas très loin derrière la détentrice du record du monde, Maria del Carmen Bousada de Lara, une Espagnole de 67 ans, qui avait donné naissance à des jumeaux en décembre 2006. Le bébé de ‘Haya Shahar, qui pesait près de 2,7 kilogrammes à la naissance, a été fécondé in-vitro à l’étranger, la fécondation in-vitro sur une femme âgée de plus de 54 ans étant illégale en Israël.