Malgré le chic, la culture et l'excellence de la cuisine française, touristes et immigrants de l’Hexagone souffrent d'une image négative auprès des Israéliens. Comme avec chaque vague d’alyah, ces derniers aiment mettre des étiquettes sur les nouveaux venus. Les Français n’échappent pas à la règle.
Arrogants, riches, incontrôlables, fraudeurs, buveurs, radins, infréquentables, chahuteurs et crâneurs, voilà quelques-uns des stigmates attribués aux Français en Israël. Des qualificatifs peu glorieux. Et ce n’est pas tout. Selon les nationaux, les Français seraient aussi responsables de l’augmentation des prix de l’immobilier, quand beaucoup de jeunes couples n’arrivent pas à accéder à la propriété. Aussi les Israéliens ne les accueillent-ils pas toujours à bras ouverts.
PERCEPTION DES FRANÇAIS VIS-À-VIS D’ISRAËL ET DU SIONISME
Sondage Ifop, enquête menée auprès d’un échantillon d’un millier de personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus en mai 2018.
DATE DE LA CRÉATION D’ISRAËL :
33% des sondés répondent 1948.
22% pensent que c’était en 1980 et après.
43% disent avoir une "bonne image" d’Israël.
À chaque fois que le Moyen-Orient s'embrase, on croit revivre les mêmes cauchemars. Depuis 2000, nombre d’agressions ont secoué la communauté juive, faisant des synagogues et écoles, des fidèles ou membres de la communauté juive autant de cibles tout au long de ces deux dernières décennies. Pourtant tous les con its du monde ne suscitent pas une telle passion. Étrangement, le con it israélo-palestinien, un con it qui est à la fois distant, étranger et complexe, semble cristalliser toutes les émotions. Pourquoi ?

Le conflit israélo-palestinien n’a pas toujours été aussi fort en France. Dès les premières années après la création de l'État d'Israël jusqu'à la guerre des six jours en 1967, la cause palestinienne fait rarement partie du débat national français. Plus encore,
C'est un beau roman, c'est une belle histoire.
C'est une romance d'aujourd'hui ! Et oui, comme beaucoup de romances contemporaines, les relations entre la France et Israël (aux niveaux politique, diplomatique et commercial) de 1948 à nos jours, ont été pour ainsi dire agitées ! Telles celles d’un couple ayant traversé des malentendus, batailles d’ego ou drames domestiques. Retour sur une relation passionnelle qui aura, plus d’une fois, défrayé la chronique...

Repères historiques

La presse hébraïque apparaît dans la petite ville de Safed à la fin du XVie siècle OCCUPATION TURQUE EN PALESTINE 1842-1918
1842 Israël Beck, fonde une imprimerie à Jérusalem qui devient le centre de la production de livres religieux et laïcs et de publications périodiques en hébreu 1863 Naissance de la presse hébraïque. 15 périodiques - instruments de débats idéologiques - sont publiés en hébreu, yiddish ou ladino 1907 Naissance du premier journal hebdomadaire créé et financé par un parti politique, socialiste en l’occurrence : Hapoel Hazair - Le jeune ouvrier. MANDAT BRITANNIQUE EN PALESTINE 1918-1948
Quotidiennement, que ce soit à la télévision, à la radio ou dans les journaux, les politiciens et représentants du gouvernement sont mis à mal pour leurs prises de position ou décisions politiques. Ce qui est assez surprenant lorsque l’on sait qu’en Israël, il n’existait jusqu’à peu aucune législation assurant à la presse nationale une entière liberté d’expression… 

En effet, assez ironiquement, la plupart des lois sur les médias ont été adoptées pour limiter la liberté de la presse plutôt que de la protéger. Ainsi, jusqu’en mai 2017, la publication d'un journal restait illégale sans un permis du gouvernement, selon l'ordonnance sur la presse promulguée par le pouvoir mandataire en 1933 qui exigeait que toutes les agences de presse s'inscrivent auprès du ministère de l'Intérieur. Selon cette même loi, les licences pour les organes d'information pouvaient être révoquées s’ils mettaient en danger l'ordre public.
Une enquête a révélé qu'au cours des années 2000, au moins 62 permis ont ainsi été rejetés sur plus de 500 demandes. En outre, dans un pays constamment en conflit avec ses voisins, le désir d'imposer la censure militaire n'est pas inhabituel. Ainsi, l'ordonnance sur la sécurité de l'État, une réglementation d'urgence en vigueur depuis la création de l’État, jette les bases de la censure militaire du pays - un organe qui a le pouvoir de couper le contenu censé menacer la sécurité d'Israël.
Les historiens qui se chargeront d’écrire la saga de l’immigration des Juifs hexagonaux en Israël auront du mal à identifier qui fut le premier média papier francophone en Terre Promise. Il pourrait s’agir de l’édition française du Jérusalem Post.

Pendant une quinzaine d’années, ce très puissant groupe de presse a produit ‒ à perte, faut-il préciser ‒ un hebdomadaire francophone qui perdura jusqu’à 2017 sans trouver de lecteurs. Autre ancêtre : le mensuel KOUNTRASS. Dès le milieu des années 80, Rav Henri Kahn, qui vient de fonder la Yeshiva francophone Rachi à Jérusalem, décide de poursuivre son action en publiant un petit bulletin. D’abord ronéoté puis photocopié, KOUNTRASS connaîtra plusieurs mutations avant de trouver finalement son régime de croisière, appuyé sur un lectorat de Juifs orthodoxes peu nombreux, mais fidèles. Le succès de KOUNTRASS décidera la hassidout Gour à lancer un hebdomadaire francophone, HAMODIA, à destination de ce même public. Mais apparemment, il n’y avait pas de place pour deux médias religieux francophones en Israël.
Dans une initiative qualifiée d’historique, l'Autorité de radiodiffusion d'Israël a diffusé pour la première fois gratuitement dans les pays arabophones l'un des événements sportifs les plus regardés au monde,
Le 13 mai 2017, c’est en lisant cette annonce qui s’inscrit sur leur petit écran : « Notre diffusion a pris fin. 1968 – 2017 » que des millions d’Israéliens disent un dernier au revoir, émus, à leur plus vieille chaîne de télévision. Le lendemain, au matin, ils découvrent les premières émissions de « Kan ». Cette nouvelle entité publique de radio et télédiffusion remplace l’IBA (Israel Broadcasting Authority) qui les accompagnait depuis des décennies sur les ondes de l’emblématique radio Kol Israël et de la première chaîne de télévision, Aroutz 1. Pour beaucoup, une page s’est tournée avec nostalgie. Toutefois, cette refonte de l’audiovisuel public ne se sera pas faite sans heurts. En effet, ce n’est qu’à l’issue d’une saga politique remontant à 2014 que le sort de l’IBA sera brutalement tranché par un vote du Parlement. Retour sur les faits.

Tout commence le 29 juillet 2014 lorsque la Knesset adopte une loi démantelant l’Institut public de radiotélévision (IBA) qui gère la radio publique israélienne lancée en 1935 par les autorités britanniques mandataires sous le nom de ‘Palestine Broadcasting Service’ qui devient ‘Kol Israël’ en 1948 lors de la création de l’État juif,

Jeffrey Goldberg

En 2016, Jeffrey Goldberg, correspondant de The Atlantic qui écrit fréquemment sur Israël et le Moyen Orient, déclenche une tempête sur la toile en tweetant :