Accueil Dossiers Dossier Médias en Israël

Dossier Médias en Israël

Le roi Salomon a peut être déclaré en son temps qu’ « il n’y a rien de nouveau sous le soleil », les Israéliens, eux, croient dur comme fer au contraire. Parce que oui, les Israéliens vous le diront : on s’ennuie rarement en Israël ! Dans un État dont l’existence semble – et a toujours semblé – précaire, ses habitants sont devenus, peut-être malgré eux, des consommateurs avides de nouvelles. Ils attendent chaque heure avec impatience les dernières infos. Et le monde semble être d’accord puisque relativement à sa taille, Israël est la plus grande source de nouvelles au monde ! Dans aucun autre pays, les évènements ne sont signalés aussi abondamment et de manière aussi détaillée aux auditeurs ou téléspectateurs. De surcroit, Israël a l’un des taux de lecteurs de journaux les plus élevés au monde avec une population adulte qui lit à quasi majorité – plus de 75% – un journal au moins une fois par semaine.
Retour sur un phénomène qui nous en dit long sur ce jeune pays ‘’ hyperactif ‘’.

Repères historiques

La presse hébraïque apparaît dans la petite ville de Safed à la fin du XVie siècle OCCUPATION TURQUE EN PALESTINE 1842-1918
1842 Israël Beck, fonde une imprimerie à Jérusalem qui devient le centre de la production de livres religieux et laïcs et de publications périodiques en hébreu 1863 Naissance de la presse hébraïque. 15 périodiques - instruments de débats idéologiques - sont publiés en hébreu, yiddish ou ladino 1907 Naissance du premier journal hebdomadaire créé et financé par un parti politique, socialiste en l’occurrence : Hapoel Hazair - Le jeune ouvrier. MANDAT BRITANNIQUE EN PALESTINE 1918-1948
Quotidiennement, que ce soit à la télévision, à la radio ou dans les journaux, les politiciens et représentants du gouvernement sont mis à mal pour leurs prises de position ou décisions politiques. Ce qui est assez surprenant lorsque l’on sait qu’en Israël, il n’existait jusqu’à peu aucune législation assurant à la presse nationale une entière liberté d’expression… 

En effet, assez ironiquement, la plupart des lois sur les médias ont été adoptées pour limiter la liberté de la presse plutôt que de la protéger. Ainsi, jusqu’en mai 2017, la publication d'un journal restait illégale sans un permis du gouvernement, selon l'ordonnance sur la presse promulguée par le pouvoir mandataire en 1933 qui exigeait que toutes les agences de presse s'inscrivent auprès du ministère de l'Intérieur. Selon cette même loi, les licences pour les organes d'information pouvaient être révoquées s’ils mettaient en danger l'ordre public.
Une enquête a révélé qu'au cours des années 2000, au moins 62 permis ont ainsi été rejetés sur plus de 500 demandes. En outre, dans un pays constamment en conflit avec ses voisins, le désir d'imposer la censure militaire n'est pas inhabituel. Ainsi, l'ordonnance sur la sécurité de l'État, une réglementation d'urgence en vigueur depuis la création de l’État, jette les bases de la censure militaire du pays - un organe qui a le pouvoir de couper le contenu censé menacer la sécurité d'Israël.
Les historiens qui se chargeront d’écrire la saga de l’immigration des Juifs hexagonaux en Israël auront du mal à identifier qui fut le premier média papier francophone en Terre Promise. Il pourrait s’agir de l’édition française du Jérusalem Post.

Pendant une quinzaine d’années, ce très puissant groupe de presse a produit ‒ à perte, faut-il préciser ‒ un hebdomadaire francophone qui perdura jusqu’à 2017 sans trouver de lecteurs. Autre ancêtre : le mensuel KOUNTRASS. Dès le milieu des années 80, Rav Henri Kahn, qui vient de fonder la Yeshiva francophone Rachi à Jérusalem, décide de poursuivre son action en publiant un petit bulletin. D’abord ronéoté puis photocopié, KOUNTRASS connaîtra plusieurs mutations avant de trouver finalement son régime de croisière, appuyé sur un lectorat de Juifs orthodoxes peu nombreux, mais fidèles. Le succès de KOUNTRASS décidera la hassidout Gour à lancer un hebdomadaire francophone, HAMODIA, à destination de ce même public. Mais apparemment, il n’y avait pas de place pour deux médias religieux francophones en Israël.
Dans une initiative qualifiée d’historique, l'Autorité de radiodiffusion d'Israël a diffusé pour la première fois gratuitement dans les pays arabophones l'un des événements sportifs les plus regardés au monde,
Le 13 mai 2017, c’est en lisant cette annonce qui s’inscrit sur leur petit écran : « Notre diffusion a pris fin. 1968 – 2017 » que des millions d’Israéliens disent un dernier au revoir, émus, à leur plus vieille chaîne de télévision. Le lendemain, au matin, ils découvrent les premières émissions de « Kan ». Cette nouvelle entité publique de radio et télédiffusion remplace l’IBA (Israel Broadcasting Authority) qui les accompagnait depuis des décennies sur les ondes de l’emblématique radio Kol Israël et de la première chaîne de télévision, Aroutz 1. Pour beaucoup, une page s’est tournée avec nostalgie. Toutefois, cette refonte de l’audiovisuel public ne se sera pas faite sans heurts. En effet, ce n’est qu’à l’issue d’une saga politique remontant à 2014 que le sort de l’IBA sera brutalement tranché par un vote du Parlement. Retour sur les faits.

Tout commence le 29 juillet 2014 lorsque la Knesset adopte une loi démantelant l’Institut public de radiotélévision (IBA) qui gère la radio publique israélienne lancée en 1935 par les autorités britanniques mandataires sous le nom de ‘Palestine Broadcasting Service’ qui devient ‘Kol Israël’ en 1948 lors de la création de l’État juif,

Jeffrey Goldberg

En 2016, Jeffrey Goldberg, correspondant de The Atlantic qui écrit fréquemment sur Israël et le Moyen Orient, déclenche une tempête sur la toile en tweetant :
Affaire 2000.
C’est le nom que porte le scandale autour des conversations secrètes que notre cher Bibi national aurait eues ces dernières années avec le propriétaire du journal populaire Yediot A’haronot, exposées au grand public par les médias, début 2017. Dans cette nouvelle affaire de corruption,

UN LARGE PANEL MÉDIATIQUE

En Israël, les médias comptent des douzaines de journaux et magazines imprimés, de sites en ligne, de chaines de télévision et de stations de radio qui jouent un rôle important dans la vie politique, sociale et culturelle du pays. En outre, ceux-ci ne comptent pas que des supports en hébreu. Ils incluent une dizaine de langues (arabe, anglais, russe, français, etc…). Ces médias font souvent l'objet de critiques acerbes. Beaucoup affirment que les journalistes israéliens affichent une tendance politique de gauche. D'autres les accusent de "sensationnalisme" les nouvelles. LeMag’ tente de décrypter cette jungle "médiatique".

Restez connectés

3,394FansJ'aime
652SuiveursSuivre
119SuiveursSuivre