La morale juive place la justice au premier rang des exigences de toute société humaine. Mais la route vers la transparence est semée d’obstacles. Très souvent, les victimes d’un scandale n’ont pas la force de faire valoir leurs droits. 

Mais tout finit par se faire savoir : c’est ce qui arriva dans l’affaire du détournement des indemnités payées aux rescapés de la Shoah. En 2010, des enquêteurs révélèrent que 17 employés de la « Claims Conference », cette structure chargée de distribuer les sommes dues par l’Allemagne au titre de réparation, avaient créé de fausses identités d’olim russes pour détourner près de 57 millions de dollars. Les coupables furent arrêtés et condamnés.

Même chose dans l’affaire des enfants yéménites. Longtemps étouffée, on sait à présent que lors de l’alyah des Juifs du Yémen, nombre de bébés furent soustraits à leurs familles entre 1948 et 1954 et donnés à des couples ashkénazes sans enfants. Aux parents qui demandaient des nouvelles, on répondait que leurs rejetons étaient morts à l’hôpital. Après plusieurs dizaines d’années de dénégations, les autorités israéliennes ont finalement reconnu par la voix du Premier ministre Benyamin Netanyahou qu’il fallait faire toute la lumière sur cette affaire. 200 000 documents vont être déclassifiés et la startup MyHeritage, spécialisée en biologie génétique, s’est déclarée capable d’établir des filiations généalogiques.

Autre preuve que l’on va dans la bonne direction : le 14 août 2017, l’association américaine «Jewish Community Watch » [littéralement : « ce qui se passe dans la communauté juive»] vient de faire savoir au gouvernement israélien que 42 citoyens américains, « suspectés ou condamnés » pour motif de pédophilie avaient réussi à fuir les poursuites engagées contre eux aux États-Unis en faisant leur alyah…(cf article sur Shana Aaronson)

Mais quoi qu’il en soit, le simple fait que ces informations aient pu être rendues publiques démontre qu’en Israël la volonté de justice et de vérité n’est pas un vain mot.